Capoeira : Entre danse, combat, musique et traditions…

capoeira

La capoeira en France est un art qui fait de nombreux adeptes. Si vous ne connaissiez pas ce sport mélangeant combat, musique, danse et chant, je vous laisse à la découverte de cette pratique ancestrale à travers cet article complet. Son origine, son histoire, le déroulement d’un jeu ou bien encore les techniques utilisées, vous saurez tout à propos de la capoeira !

Capoeira : Origine et histoire de cet art traditionnel

Ce sport d’origine africaine est apparu au Brésil à l’époque de l’esclavagisme.  A l’époque, des esclaves venus d’Angola, du Mozambique et du Golfe de Guinée furent emmenés en bateaux jusqu’au Brésil pour travailler dans les plantations de canne à sucre. Après une rude journée de travail, ces derniers se rassemblaient dans leur habitation que l’on nomma « Senzala » pour y prendre un peu de répit. Les esclaves n’avaient pas le droit de se battre ni de s’entrainer à n’importe quel sport de combat. C’est alors qu’ils ont eu l’ingénieuse idée de déguiser leur entrainement à la lutte en une danse rythmée par de la musique. C’est ainsi qu’est née la capoeira.

Le nom qui lui a été donné provient de la pousse d’herbes hautes en bordures de chemins dans lesquelles se cachaient les esclaves lorsqu’ils prenaient la fuite. L’entrainement qu’ils pratiquaient dans leurs abris de fortune était leur seul moyen de se défendre contre leurs maitres.capoeira-origine

A la fin du XIXème siècle, il y eut l’abolition de l’esclavage. La pauvreté et la misère étant toujours très présentes, les adeptes de la capoeira s’en servirent pour piller et attaquer les commerçants. Il était l’un de leur seul moyen de survie. De ce fait, de nombreux débordements ont eu lieu. C’est pourquoi le gouvernement décida d’interdire cette pratique et de faire emprisonner tous les capoeiristes. De 1864 à 1870, la guerre du Paraguay éclata. L’armée brésilienne, complètement débordée, décida de faire appel aux condamnés pour les aider dans la lutte. Armés de couteaux, les capoeiristes pouvaient espérer regagner leur liberté s’ils les aidaient à lutter efficacement contre l’ennemi. Après une lutte acharnée et sanglante, les glorieux survivants revinrent de la bataille en héros. C’est de là qu’est née un des chants les plus connus de la capoeira : « Paranaê, Parana ».

Malgré tout, la pratique fut interdite jusqu’à 1937. Les adeptes devaient se cacher pour continuer à faire vivre cet art, jusqu’au jour où Mestre (Maitre) Bimba, aujourd’hui figure emblématique de la capoeira, fit une démonstration devant le président de l’époque, Getulio Vargas. C’est alors qu’elle a commencée à être tolérée. Mestre Bimba en a profité pour lancer sa propre académie et transmettre sa culture à ses élèves. S’en est ainsi suivi son développement au Brésil, puis à travers le monde…

Les cours de Capoeira : Entrainement et Roda

Aujourd’hui, les intéressés peuvent pratiquer cet art en tant que sport dans toutes les grandes villes de France. Ils existent de nombreuses associations proposant des cours ouverts à tous. Hommes, femmes, enfants, adultes, seniors, tout le monde peut participer aux enseignements. Même si autrefois la capoeira était un moyen de lutte et de rébellion, aujourd’hui elle entre dans une logique de convivialité et de bienveillance. L’objectif de ces cours, n’est pas d’apprendre à mettre KO son adversaire, mais de lui montrer que vous êtes plus rusé et plus malin que lui. C’est aussi un moment de partage et de respect entre les pratiquants. La capoeira est un jeu avant d’être un combat.

Généralement, un cours se déroule de la manière suivante. Tout d’abord, les élèves s’échauffent en trottinant et en effectuant des mouvements de manière à préparer toutes les parties de son corps pour l’étape suivante. Ensuite, le professeur (ou formado ou mestre selon son statut) continu le cours sur une phase d’appréhension des divers mouvements et techniques, tout en musique bien sûr. Une fois que l’assimilation des différentes gestuelles faite, les élèves se réunissent pour former ce que l’on appelle une « Roda » afin de mettre en pratique tout cela.capoeira-roda

La Roda constitue le cœur du jeu de capoeira. Elle porte ce nom car les deux capoeiristes s’affrontent à l’intérieur d’un cercle composé des autres membres de l’association. Ces derniers donneront de la voix tout au long du jeu en reprenant des chansons traditionnelles comme par exemple « Paranaê, Parana », et en tapant des mains en attendant leur tour pour rentrer dans la ronde. Les deux capoeiristes, avant de jouer, doivent s’accroupir devant les musiciens et attendre le signal du berimbau gunga pour se saluer et démarrer le jeu. Le « combat » prend fin lorsqu’un son spécial retentira du berimbau gunga. C’est alors que deux nouveaux capoeiristes entrent à l’intérieur de la Roda, et ainsi de suite.

Les instruments de Capoeira : Berimbau, Atabaque, Pandeira, Reco-Reco…

Lorsque l’on est capoeiriste, on n’apprend pas seulement des mouvements d’attaque et de défense. On nous enseigne aussi la pratique d’instruments de musiques, car ils ont un rôle important lors d’une Roda. Voici les différents accessoires musicaux qui régissent le déroulement d’un jeu :

  • Le Berimbau : Appelé aussi Biriba, c’est un long bâton d’une longueur comprise entre 1.20m et 1.50m en forme d’arc. A l’époque il servait d’arme car le bout était taillé en pointe pour transpercer l’ennemi. Aujourd’hui l’embout est plat. Il est constitué d’une corde (cuerda) en fil d’acier ou issue d’une armature de vieux pneu dans sa conception originelle. Une cabaça vient se positionner sur la partie inférieure du berimbau. Elle fera office de caisse de résonnance. La baqueta est le troisième élément qui constitue l’instrument et a pour fonction de frapper la corde pour en émettre un son spécial. Enfin, le dobrao est une pièce de monnaie en métal qui sert à appuyer contre la cuerda pour varier la tonalité de l’instrument. Une Roda est constituée de 3 berimbaus. Mais c’est seulement le berimbau gunga, plus grave que les deux autres, qui dirige la Roda et qui va annoncer le début et la fin de la lutte.berimbau
  • Le Caxixi : Prononcé « ca-chi-chi » c’est une sorte de hochet composé de graines que l’on peut tenir dans la même main que la baqueta et qui, en le secouant procure un certain son.
  • L’Atabaque: C’est un grand tambour. En le frappant du bout de se son pouce et de ses paumes il permet de donner du rythme au jeu.
  • Le Pandeira : Il s’agit ici d’un tambourin à cymbales. Il vient compléter la résonnance grave de l’Atabaque en produisant un son plus aigu.
  • L’Agogo : Composé de deux cloches, il suffit de taper sur l’une d’elles pour en faire sortir un bruit à l’aide d’une baguette en bois.
  • Le Reco-Reco: Sous forme de cylindre rayé, c’est un instrument que l’on racle ou que l’on gratte avec toujours une baguette en bois.

Tous ces instruments composent « l’orchestre » de la Roda. Les histoires chantonnées viennent accompagner le rythme qui s’accélère au fur et à mesure du jeu. Plus le rythme est élevé et plus les capoeiristes produisent des mouvements improvisés de manière rapide.

A ce propose, il existe deux écoles, deux styles différents : La capoeira Angola et la capoeira Regional (développée par Mestre Bimba). La première, plus lente retranscrit toutes les valeurs, coutumes et traditions de cet art. La seconde est beaucoup plus dynamique et acrobatique offrant un spectacle tout à fait incroyable ! Observer des capoeiristes jouer semble parfois être une chorégraphie préparée à l’avance. Seulement ce n’est pas le cas puisque tous les gestes sont improvisés et qu’il est primordial de les maîtriser pour ne pas porter de mauvais coups qui peuvent être dangereux si non contrôlés.

Capoeira : Mouvements, techniques d’attaque et de défense

On assimile la capoeira à de la danse du fait que son « pas » de base, la Ginga, est un mouvement répétitif que l’on perfectionne et que l’on s’approprie en y ajoutant quelques subtilités qui vont définir notre style. Durant tout le jeu, la Ginga doit permettre d’enchainer les différentes combinaisons d’attaque et de défense.

Les techniques d’attaque

95% du temps un capoeiriste est amené à se servir de ses pieds et de ses jambes pour porter des coups à son adversaire. Le Bençao par exemple, qui signifie bénédiction en français est une attaque frontale du plat du pied. Il fait partie d’un panel conséquent de mouvements plus ou moins difficiles à apprendre. En effet certains coups très acrobatiques demandent des mois voire des années d’expérience. Parmi les plus utilisés, nous retrouvons des noms de coups de pieds tels que Queixada, Armada, Meia-lua de compasso ou bien encore Ponteira.capoeira-mouvement

Les techniques de défense et d’esquive

Il existe une multitude de mouvements pour se sortir de situations piégeuses et esquiver les attaques de son adversaire. La capoeira est aussi un art du déplacement. Le joueur ne bloque pas les coups mais les évite. Parfois cela demande d’être souple, attentif et malin en vue de riposter après l’attaque. Cocorinha, Negativa ou (roue) font partie des mouvements qu’il faudra apprendre pour vous sortir de l’embarras.

L’intérêt de faire de la capoeira : les bienfaits

L’avantage de pratiquer ce sport d’un autre genre est que chacun peut travailler à son rythme. La compétition ne fait pas partie des priorités.

Comme dit précédemment, toutes les parties du corps sont sollicitées. De par son attribut sportif, un joueur de capoeira gagnera en performances que ce soit physiques ou au niveau du cardio. Vous aurez besoin de la force de vos jambes pour vous déplacer, vous accroupir, sauter, esquiver et de la souplesse pour porter une attaque. Vos bras seront également mis à contribution car dans la majorité du temps vous vous en servirez pour vous retenir au sol.  Les fessiers, les abdominaux, les pecs, le dos et les épaules ont aussi leur part d’effort à fournir ! Encore plus si vous êtes débutant, vous ressortirez sans nul doute d’une Roda mouillé de chaud…

Pratiquer la capoeira vous fera gagner aussi en équilibre et en contrôle de soi. Eviter de toucher violemment son adversaire et pouvoir rester tout le temps sur ses appuis sont deux aspects très importants.

La capoeira, outre son aspect physique comporte bien d’autres points positifs. Premièrement, vous découvrirez une nouvelle culture. Vos maitres ou professeurs sont dans la plupart des cas originaires du Brésil et sont donc les mieux placés pour vous faire l’initiation. Vous apprendrez par ailleurs à allier musique et sport tout en étant acteur. C’est une grande source de satisfaction que de participer au rythme musical d’une Roda. Enfin, plus que d’intégrer un club de sport, vous aurez l’impression d’entrer dans une famille, accueillante et chaleureuse. Faire des rencontres, tisser des liens et tout ça dans le respect apporte du baume au cœur !

Généralement les capoeiristes viennent à voyager pendant l’année grâce aux différents stages qu’ils leurs sont proposés. Aussi bien en France qu’à l’étranger, vous pourriez être amener à rencontrer d’autres personnes provenant de villes et de pays différents partageant la même passion !

 

Pour découvrir un autre sport qui a de nombreux adeptes au Brésil et qui vient tout juste de débarquer en France, c’est par ici ! il s’agit de la Ginastica Natural…

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